Pourquoi j’ai arrêté la PACES dès novembre…

Chaque année de nombreux étudiants abandonnent leurs études de médecine dès la première année, avant même d’avoir leur classement. Aujourd’hui je vous retrouve avec un article assez spécial qui vous explique pourquoi j’ai décidé moi aussi d’arrêter la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé) dès novembre.

 

Mon arrivée à la fac de médecine… « Ah ouais quand même. »

Avant tout, il faut savoir que j’ai été, tout au long de ma scolarité, une élève sans trop de soucis qui était assez bonne partout. J’ai décidé de faire un Bac S étant donné que je n’avais pas encore décidé de mon métier futur, mais j’avais tout de même une préférence pour les matières littéraire. Je suis assez curieuse et je m’intéresse à plein de choses : c’est pour ça qu’en terminale, j’ai vraiment eu du mal à choisir mon orientation : peu importe les études dans lesquelles j’allais, pour moi tout était intéressant (langue, droit, commerce… J’étais quand même moins attirées par les maths, la physique et la chimie -sûrement un traumatisme de mon année de terminale parce que j’aimais ça, avant). Et bien sûr, je n’avais aucune idée du domaine dans lequel je souhaitais travailler.

 

Parmi les possibilités, j’avais pour objectif d’être psychiatre, et bien que je sois consciente des difficultés engendrées par la PACES, j’ai décidé de me jeter à l’eau et de le tenter, avec une copine. Au début, nous étions très submergées par le travail et nous avons reçu un électrochoc : « Ah ouais quand même. » Mais nous étions motivées, et après quelques semaines d’énorme fatigue (Bonjour les insomnies et les premières crises d’angoisse !) nous avions pris l’habitude, de sorte que ça ne nous dérangeait plus autant (et on dormait un peu mieux). De plus, notre prépa nous accompagnait : nous avions une séance d’exo et une khôlle par semaine. (Je dis qu’on allait mieux, mais on prenait quand même un médicament sans ordonnance à base de plante pour mieux dormir et diminuer notre stress, et on a fait une cure de Magnésium).

 

Les premiers mois, les premières galères

Mes résultats n’étaient pas très bons, mais ils n’étaient pas mauvais non plus : j’étais classée à peu près dans le milieu des étudiants de ma prépa. Pas assez pour avoir le concours cette année, mais assez pour l’obtenir l’année suivante si je continuais à bosser de cette manière.

Bien sûr, le rythme était assez difficile : la moyenne est de 12h de travail par jour, ce qui laisse peu pas de temps pour lire, regarder la télé, se promener sur le net, voir des gens, ou tout simplement dormir. De plus, ce sont des études qui paraissent plutôt prestigieuses aux yeux des autres : on a la pression de réussir que l’on s’inflige soi-même mais que tous les autres nous infligent aussi. L’ambiance de concours n’était pas si envahissante dans ma fac : quelques bricoles arrivaient (faut pas laisser trainer ses cours à la BU non plus), mais ce n’était largement pas invivable – j’en ai absolument pas souffert (alors que j’avais entendu parler de choses vraiment pas cool). On est quand même entouré de gens ultra motivés et très travailleurs – c’est fou. Et on se dit tous qu’on doit travailler plus que tout le monde.

Au niveau du moral ça allait : je sais que beaucoup arrêtent net à cause de la dose de travail mais ce n’était pas mon cas. J’étais plutôt bien en fait, la seule chose qui me pesait était de ne pas avoir le temps de voir des gens – mais travailler ne me dérangeait pas trop. Evidemment, il y avait des moments ou plus rien allait, où on craquait, on avait besoin de relâcher la pression – mais on était rapidement de nouveau sur pied (Ayez des amis en médecine – ils sont dans le même bateau que vous et c’est les seuls qui vous comprendrons vraiment). C’est un mode de vie assez particulier, mais on s’y fait.

 

Et puis un jour…

J’ai eu un déclic un jour et je me suis dit : « Mais qu’est ce que tu fais ? Tu n’aimes pas les sciences et tu compte en faire pendant 10 ans ? Malgré le fait que tu saches que d’autres métiers te rendraient tout aussi heureuse ? Tu es vraiment prête à te sacrifier 10 ans pour exercer un métier tel que psychiatre ? « . J’ai trouvé que passer 10 ans à se consacrer à la médecine alors que je m’intéressais à plein d’autres choses était idiot. Certes, cela m’intéressait ; mais je n’étais pas prête à arrêter toute autre activité/matière et restreindre tout ça à un seul domaine. Or étant donné la place que les études de médecine prennent dans notre vie, il reste peu de place pour le reste. Je n’étais absolument pas prête à ça.

 

Attention : si vous voulez aller en médecine et que vous lisez cet article, foncez ! Ca a été une expérience géniale et je suis sûre de ne jamais regretter. Et la médecine est une vocation pour bien des personnes. Mais pour toutes celles qui, en ce moment, galère et souhaitent arrêter : faites le maintenant. Dites-le. C’est très difficile : étant donné que je me sentais bien psychologiquement, mon entourage n’a pas compris, mais ils ont fini par l’accepter ; et quand les autres sont au courant, une grande pression s’en va. C’est une décision hyper difficile à prendre qui nous démolit notre confiance en nous ; et c’est donc important d’en parler.

 

Et après ? On prend du recul et on est content d’avoir pris cette décision avant d’être démolit par la PACES. Ce sont des études spéciales – on est pas tous fait pour ça. N’hésitez surtout pas, même si ça fait peur de se retrouver sans rien au milieu de l’année : on trouve rapidement autre chose à faire (à vous les CIO !) et on s’en sort, bien plus heureux !

Je vous souhaites bon courage, étudiants en médecine ou non : ça va aller !

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3 réflexions sur “Pourquoi j’ai arrêté la PACES dès novembre…

  1. Orso. dit :

    Tu es courageuse, il faut du courage pour sortir de la médecine et accepter ce que ton entourage peut penser de toi ! Tu as bien fais d’arrêter si tu ne t’y voyais pas. Surtout voyant comme c’est compliqué de garder le moral en s’y voyant dans 10 ans.

    Aimé par 1 personne

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